Alerte sur la planète des puissants! Pour paraphraser Jacques Brel, chez ces gens-là on ne pense pas, on accumule! Et la pandémie de la Covid ne leur a soufflé aucun soupçon d’humanité.

Le PDG de Danone, Emmanuel Faber, vient d’être limogé. Les analystes de l’économie conventionnelle nous ont fait un cours de mathématique: depuis l’arrivée de Faber, le cours des actions de Danone n’a progressé que de 3%, celui de Nestlé de 45% et celui d’Unilever de 72%. Et d’ajouter: Emmanuel Faber s’est trop occupé des volets sociaux et écologiques. Il paie au prix fort le fait d’avoir fait de Danone une entreprise à mission.

L’aventure de Danone commence avec Antoine Riboud en 1972, se poursuit avec Franck Riboud qui crée le Fonds Danone pour la nature. Franck Riboud et Muhammad Yunus, le fondateur des Grameen Bank au Bangladesh, s’associent pour produire des yaourts enrichis destinés aux enfants en déficit de nourriture.Emmanuel Faber? Un être inspirant, qui lisait Kant à 15 ans, qui a partagé des moments avec les plus démunis de Paris et de nombreux bidonvilles de par le monde. Avec ces PDG pétris d’humanisme, animés par une vision sociale et écologiste de l’entreprise, j’ai cru que nous pouvions compter sur eux pour changer de logique économique. Il semble bien que le temps d’une telle mutation n’est pas encore venu.

Dommage que Danone n’ait pas réussi à faire démentir les propos de M. Maucher, administrateur-délégué de Nestlé: «Qu’on soit un individu, une entreprise ou un pays, l’important pour survivre dans ce monde, c’est d’être plus compétitif que son voisin»! La justice immanente sera au rendez-vous de ces cyniques.

Bernadette Oriet, Delémont

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24Heures, courrier des lecteurs